Le prix d'achat d'un chiot est la partie visible, et c'est presque toujours la plus petite. La première année concentre des dépenses ponctuelles qui ne se reproduiront pas, et met en place des dépenses récurrentes qui, elles, dureront dix ans. Confondre les deux est l'erreur la plus fréquente au moment de décider.
Le parcours vétérinaire du chiot est concentré sur les premiers mois : primovaccination et rappels, identification si elle n'a pas été faite par l'éleveur, vermifugations rapprochées, puis la question de la stérilisation qui se pose vers la fin de la première année. S'y ajoute l'équipement, qui se renouvelle une fois chez un chien qui passe de huit à trente kilos : couchage, harnais, transport en voiture.
L'alimentation d'un chien de grande race en croissance est le poste le plus sous-estimé. Un berger allemand consomme peu par rapport à son gabarit adulte, mais sa croissance exige une qualité constante, et les changements d'aliment répétés coûtent plus cher en troubles digestifs qu'ils ne font économiser. Vient ensuite l'assurance santé, dont l'intérêt se juge sur la durée et non sur la première année.
L'éducation d'un chien de berger n'est pas une dépense facultative. Un chien de trente kilos mal socialisé devient un problème quotidien, et le rattrapage coûte bien davantage, en argent comme en contraintes, que quelques séances au bon moment. Les frais d'éducation engagés la première année sont ceux qui ont le meilleur rendement sur la vie du chien.
La bonne question n'est pas « combien coûte un berger allemand » mais « quelle dépense mensuelle stable puis-je tenir pendant dix ans, imprévus vétérinaires compris ». Un budget qui ne tient que si rien n'arrive n'est pas un budget. C'est cette capacité durable, et non le prix d'achat, qui devrait déterminer la décision d'accueillir un chien de cette taille.